Le Maroc Numerique: Une nouvelle dimension de gouvernance

«…Nos déplacements sur le terrain et les actions que nous menons inlassablement pour assurer une vie digne et décente à nos fidèles sujets vivant au sein de la patrie sont d’une importance qui n’a d’égal que l’intérêt tout particulier que nous portons aux préoccupations de nos chers citoyens résidant à l’étranger.

Nous avons donc à cœur de répondre aux aspirations légitimes qui les animent, tendant à renforcer leurs attaches avec la mère-patrie, surtout les liens d’ordre familial, spirituel et culturel. Cette volonté s’inscrit dans une démarche globale, intégrée et graduelle, visant à leur garantir une participation démocratique pleine et entière dans tous les secteurs de l’activité nationale, et à assurer la défense de leurs droits et de leur dignité dans les pays d’accueil…» – Extrait du discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI 6 Novembre 2007.

C’est ainsi que fut créé le ministère de la CMRE. Sa création était la réponse à la nécessité de prolonger l’outil de la gouvernance pour atteindre cette nouvelle communauté Marocaine qui a la particularité de se trouver en dehors du territoire National.
Si on jette un coup d’œil plus attentif, tel est le cas pour tous les ministères et les secrétariats d’états, conseils supérieurs, observatoires, et commissions supérieures (enfin vous voyez de quoi je parle)  dans tous les gouvernements du monde.

D’abord, On constate une particularité ou un aspect « récurent » chez une communauté large ou tous les citoyens, si la communauté est assez large et établie on crée un(e) organe/instance de gouvernance pour veiller sur cette communauté.

Les Hommes, à l’heure où ils étaient organisés sous forme de tribus, ont commencé par créer des « chefs » de tribus mais aussi des gourous (pour gérer la dimension spirituelle), puis des généraux qui s’occupaient de leur besoins en terme de défense (ou d’attaque) , puis des ambassadeurs chargés eux de communiquer avec les autres tribus, …..c’est ainsi que par la suite d’autres outils de la gouvernance se sont créés. Une simple réponse aux besoins du peuple.

Aujourd’hui il existe des ministères de la santé, culture, écologie, affaires étrangères, intérieur, défense, MRE, industrie, commerce, agriculture, Habous, et beaucoup d’autres. Ils sont le fruits de cette progression corrélée à la complexité et l’exigence du suivi de chaque « aspect ».

Ce qui pousse à créer un nouvel organe pour gérer un certain aspect, au lieu de léguer cette gestion à un organe existent est « l’orthogonalité ». Désolé, je ne suis pas un fin connaisseur en théorie de la gouvernance j’utilise donc un terme mathématique.

Si on modélise le gouvernement par un espace vectoriel, les ministères, conseils, commission, …etc seraient représentés eux par des vecteurs orthogonaux qui constituent sa « base ». Fini les maths maintenant ! En gros et pour simplifier le nouveau ministère (ou autre) à créer doit être assez distant et séparé des autres pour avoir un rôle significatif qui justifie sa création.

Aujourd’hui une nouvelle communauté existe, avec de nouveaux besoins, de nouvelles formes de communication, de nouvelles aspirations et de nouveaux défis. C’est la communauté des internautes.

Cette communautés ne ressemble pas à la communauté des agriculteurs, ni à la communautés des industriels, ni des affaires étrangères ni rien d’autres, c’est une nouvelle dimension de la société qui a émergé. Un nouveau vecteur de gouvernance doit donc être créé pour être à même de relever le défis de la garder attachée à ses racines et l’empêcher de dissoudre dans le « Net » et être victime des vents et marées d’Internet.

En créant un organe de gouvernance pour cette communauté ou plus précisément, cet aspect de la société Marocaine, le Maroc pourra éviter d’être surpris par des révolutions qui naissent sur facebook, par des pluies de blog anti-marocains, pourra faire face à la pénurie des blogs Marocains, pourra être plus à l’écoute de ses citoyens et surtout pourra donner une image plus favorable et pourra ajouter quelque chose d’universel à la démocratie dans le monde en s’érigeant comme exemple de gouvernance dans ce sens .

Mais attention, cet organe ne doit pas prendre la forme d’un organe de contrôle ou de surveillance à l’exemple de ce qu’on voit dans certains pays en Europe, car ces  organes sont voués à l’échec et à l’humiliation par les génies de l’informatique qui ont toujours réussi à innover en matière de solutions de contournement. Il faut que ce soit un organe d’écoute, d’organisation et de veille à la bonne exploitation de la créativité des Marocains internautes. Il doit veiller à orienter les efforts, à faire face aux intrusions, à mettre en place des campagnes de sensibilisation, à porter l’avis « numérique » devant les autres outils de gouvernance. Cette organe doit être le lien de communication qui manque entre le peuple numérique et les gouverneurs de manière générale ! Il doit être la voix des internautes au seins des autres instances officielle.

Nous en avons besoin au Maroc et nous avons besoin d’être les premiers à le faire au Monde !

4 réflexions sur “ Le Maroc Numerique: Une nouvelle dimension de gouvernance ”

  1. Cet article m’a donné le tournis. Parle-t-on de donner au pouvoir exécutif la possibilité de museler Internet? parce que je n’y vois que cela.

    La neutralité d’Internet doit subsister, et si des groupes souhaitent organiser des manifestations sur facebook ou autre, c’est bien leur droit, tant que c’est légal.
    Dans le cas contraire, seule un pouvoir judiciaire indépendant a le pouvoir d’arbitrer.

  2. J’ai beaucoup aimé l’article.

    Et je partage tout à fait les idées dont tu parles , pour en avoir une ébauche sur des articles que j’ai aussi écrit.
    Cette pensée cher Reda , sans nous connaitre , nous l’avons eu pratiquement au même moment !!
    Le premier : »les facebookers influenceurs » basé sur mon expérience personnelle d’auteur et qui montre le « potentiel » de diffusion de certains profils facebook . http://slidesha.re/eYVeaa

    Le second « Le community management se lance au Maroc » http://slidesha.re/gLstfK
    Et c’est en fait de cela dont on a besoin , une équipe fine de « community manager ».
    Ce ne sont pas des informaticiens, ni des marqueteurs, mais des personnes ayant la passion du web et une présence sur le net, avec une bonne ( dans le sens de bonté) notoriété qui leur est octroyé par la communauté des internautes.
    Les premiers à l’avoir fait , sont les Israéliens , il y ‘à près de 10 ans …à travers le JIDF (Jewish Internet Defense Force) et cela doit se faire dans l’urgence, car sur internet les idées se diffusent à la vitesse de la lumière !

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