Les Partis et les Arrivants

J’ai été particulièrement déçu des positions de certains partis politiques par rapport a l’inclusion des jeunes dans les listes Nationales (qui est pour l’instant l’unique solution pour renouvelle la classe politique Marocaine au niveau du pouvoir législatif). La majorité les partis politiques ont refuse cette option, un seul (RNI) est sorti du lot pour proposer une solution consensuelle de listes locales de jeunes (moitie hommes moitie femmes).

Sa Majesté ne cesse d’envoyer les signaux forts que toute une partie de la jeunesse Marocaine attendait depuis un certain moment, au point qu’on en est a croire qu’aujourd’hui il existe deux camps dans le paysage politique Marocain; Le Roi et les jeunes et en face les partis politiques et leur vieux cadors et militants.  Petit rappel de ces messages on ne peut plus claires:

« A chaque époque ses hommes et ses femmes, et à chaque nouvelle ère ses institutions et ses instances. Cette maxime s’applique parfaitement à la Constitution de 2011. Ainsi, et dans la mesure où c’est une Constitution avancée, relevant d’une nouvelle génération de Constitutions, elle requiert aussi une nouvelle génération d’élites qualifiées, imprégnées de culture et d’éthique politiques nouvelles. » – extrait du discours du 30 Juillet 2011 de Sa majesté.

C’est une invitation claire faite aux partis politique pour rompre avec les anciennes méthodes d’exercer la politique, ce message met en exergue l’importance de renouveler les élites, de rafraîchir le paysage des leader politique au Maroc en vue de lui donner une nouvelle énergie capable de faire aboutir la nouvelle vision du Maroc définie dans sa nouvelle constitution.

Sauf que certains hommes politiques ont tres froidement accueilli cette invitation, qui leur dit, selon leur interprétation,  de céder de la place a des jeunes. « Place » qu’ils considèrent comme leur propriété promise du fait qu’ils ont passé des décennies a militer dans un (parfois plusieurs) parti politique. Quoi de plus logique, a leurs yeux toujours que de finir ce parcours avec une carrière de parlementaire ou de président de région pour les remercier pour leur services (in)rendus. Mais ne comptez pas sur eux pour vous exposer l’argumentaire de cette façon, ils ont fait tout de même de la politique, ils vous diront qu’ils ont de l’expérience que cette jeunesse n’a pas.

Mais voila que le discours de ce soir, le 20 Aout 2011 vient répondre a ce point: « C’est une jeunesse qualifiée, digne de continuer à porter le flambeau de la glorieuse épopée du Vingt Août, dans le cadre d’un processus proprement marocain, caractérisé par l’implication des jeunes dans les efforts visant à en relever les défis. » – extrait du discours du 20 Aout 2011 de Sa majesté.  Et continuer a insister sur l’importance d’integrer les jeunes dans le champs politique: « Il importe aussi que les partis donnent leur chance aux jeunes et aux femmes pour favoriser l’émergence d’élites qualifiées, à même d’apporter du sang neuf à la vie politique et aux institutions constitutionnelles. »  – extrait du discours du 20 Aout 2011 de Sa majesté.

Vous vous dites (les vieux de la politique le disent également) certainement mais pourquoi devons nous le faire? pourquoi cette attention particulière aux jeunes? la réponse est dans le même discours:  « En effet, la jeunesse marocaine, consciente et responsable, se trouve aujourd’hui au coeur du projet de modernisation constitutionnelle et politique,… »  – extrait du discours du 20 Aout 2011 de Sa majesté

Au Maroc on a un proverbe qui dit: « l7or b’lghamza ou l3bd b’debza ». Le message est claire, non seulement pour les plus futés d’entre nous mais pour tout le monde. La jeunesse doit avoir sa place dans la prochaine équipe dirigeante du Royaume. Les partis politiques ne peuvent plus négliger cette maxime et continuer a jouer la comédie devant un peuple en soif de renouvellement. Le premier chapitre de tout programme politique doit affirmer cet engagement a avoir une équipe dirigeante fraîche.

Nous venons de passer une période de contestation sociale assez virulente, ou la jeunesse Marocaine active s’est vue partagée entre deux camps, les contestataires (qui s’auto-qualifient de nihilistes ne faisant plus confiance en rien dans ce pays) et les optimistes (qui y croient encore a cette exception Marocaine qui fait qu’on est capable de résoudre  nos problèmes sans renier nos acquis). Si les partis politiques ne répondent pas par l’affirmative aux messages de la Rue et du Roi on risque de ne voir plus qu’une seule catégorie de jeunesse car on aurait profondément déçue et trahi la dernière. Cela risque de mener le Marc vers des chemins inconnus et hautement critiques.

Il faut le dire, aujourd’hui la balle est entre les mains des partis politiques, ce blog l’a signale depuis ses débuts dans quelques uns de ses articles (exemple: ici et la )

Les partis politiques se doivent de se restructurer dans le but de ne plus voir dans les jeunes (70% de la population Marocaine contre 90% de vieux dans la classe politique) une énergie dangereuse qu’il faut canaliser et encadrer mais surtout une énergie utile a intégrer et a mettre en valeur.

Cela passe par la composition même des organes de gestion et de prise de décision au seins des partis politique jusqu’à  l’écartement pur et simple de la nécessité des candidatures des « Moul Chekkara ». Les Moul chekkara ou Notables font de la politique pour préserver leurs intérêts, cela n’est pas une exclusivité Marocaine, sauf que dans les démocraties établies ils le font par des soutiens indirects au partis politiques dépositaires des programmes qui les arrangent sans pour autant occuper les postes de responsabilités dans les institutions de leurs états. C’est certainement vers ce schéma que doit converger le Maroc d’aujourd’hui pour passer cette étape.

La jeunesse Marocaine de son cote ne doit pas chercher a abolir les riches et les considérer comme une espèce a exterminer. Les riches et le s notables sont une composante du peuple Marocaine, une composante importante et nécessaire a son évolution. Les riches ont ce pouvoir d’investir donc créer des emplois et mener la machine économique. Dans un modèle économique ou la croissance reste l’élément clé, il serait naïf de croire que les riches sont inutiles.  Les jeunes, tous les jeunes doivent être conscients de cela.

Finalement tout cela doit être fait, non dans un climat de confrontation, mais de dialogue et d’échange qui responsabilise chacune des parties prenantes sur ses choix. Un climat ou domine l’éthique politique et l’intérêt de la nation sur les ambitions personnelles.  Nous avons vraiment besoin de travailler en tant qu’équipe pour d’abord réussir cette transition et laisser la bataille des sièges  pour une prochaine fois.

Faut il vraiment rappeler au parti politique qui aura la présidence du gouvernement que s’il mène un gouvernement constitué  de « vieux » alors le premier de ses problèmes serait une rue encore plus frustrée, plus en colère et mieux organisée?

J’ose espérer que ce rappel est inutile, car encore une fois l’7or b’lghamza ou l3abd b’debbza.’

12 réflexions sur “ Les Partis et les Arrivants ”

  1. 1/ « (qui y croient encore a cette exception Marocaine qui fait qu’on est capable de résoudre nos problèmes sans renier nos acquis) »
    il ne faut pas parler d’acquis, mais d’identité. Les acquis sous-entendent l’idée d’un truc inamovible qu’on est supposé défendre. Or si l’on veut vraiment avancer, faut parfois « think outside the box » . Par contre, face aux valeurs à portée universelle (liberté sous toutes ses formes… ), y’a pas d’acquis qui tienne !

    2/ « Les Moul chekkara ou Notables font de la politique pour préserver leurs intérêts, cela n’est pas une exclusivité Marocaine, sauf que dans les démocraties établies ils le font par des soutiens indirects au partis politiques dépositaires des programmes qui les arrangent sans pour autant occuper les postes de responsabilités dans les institutions de leurs états. C’est certainement vers ce schéma que doit converger le Maroc d’aujourd’hui pour passer cette étape. » —— Ce passage me laisse sans voix… je n’ose commenter… :-O

    1. 1/- Point ouvert. ok pour le debat la dessus je pense qu’on est capabale de convenir des mots a mettre sur l’idee derriere cette phrase.
      2/- pourquoi ? c’est de la realpolitik. Je te challenge de me trouver une autre solution consensuelle pour la transition🙂

  2. je pense que le point à revoir dans tout ça c’est la question d’utiliser d’une liste nationale.en participant au 2 dernière élections législatives j’ai eu du mal a identifier touts les éléments de chaque la liste nationale féminines dans les meilleur des cas tu peut connaitre les 6 premiers noms de chaque liste.

      1. witek witek…😀
        @Reda : tu penses vraiment que confier le Maroc aux lobbyes et influences commerciales est la seule issue ? En disant cela, en fait tu souhaites institutionnaliser et formaliser (dans le sens sortir de « l’informel » et de l’ombre, faire une sorte de montée en gamme) des pratiques qui ont lieu dans notre pays depuis des lustres.

      2. j’eviterai d’utiliser le mot confier et prefererai dire: « Donner aux notables le droits de defendre leurs interets » cequi est somme toute quelque chose de tout a fait logique

  3. Stop debats, let’s acts
    Je fais partie du clan des optimistes, et je crois fort à un Maroc meilleur
    Sauf que cela ne vient pas du jour au lendemain, il existe une trentaine de partis, Le problème n’est pas là
    Le problème n’est pas dans les petits partis, il est structurel…
    Comment attirer l’électeur marocain a venir voter aux urnes
    En 2007, 4 millions 600.000 se sont pris la peine de le faire, sachant que plein ont été même suppliés (avec de l’argent) pour soutenir tel Moul CHEKKARA ou tel Mafieux
    Cela dit, il existe 2 solutions soit se croiser les bras et regarder ces dinosaures décider à notre place, soit c’est nous, toutes les forces vives pour coloniser ces partis
    Quand je dis coloniser, c’est faire un coup d’état sur ces chefs de partis ou centre de profits
    De cette façon, nous pourrons espérer quelque chose

  4. Je ne suis pas très sur de l' »exception marocaine », je suis plus sur de l »l’Hogra » et « Jou3 ».
    Si les partis politiques ne réagissent à pas , et je ne le vois pas , aucune campagne de recrutement…
    Même Maroc télécom , à réagi à une campagne de #Fail en invitant certains blogueurs et faire un #IAMFTOUR
    Pourquoi les partis ne font rien ? Ils pourraient si ils le voulaient !
    Ils ne savent pas comment faire ? ou Ne veulent-ils rien faire !

    Il y des débats et des espaces d’échanges , generationlibre.ma, capdema, cafe politis , les groupes sur facebook , qui facilitent plus le partage que le débat.
    Mais les partis , que font-ils ?
    Je ne vois rien…

    Et c’est vers une faillite politique que notre Maroc se dirige , si les forces politiques insistent à fonctionner comme ils l’ont toujours fait. Sans véritable jeunesse dirigeante.
    Si ils ne savent pas où se diriger , qu’ils commencent par la blogoma/twittoma.
    Et puis les mouls chakara, devront aussi s’adapter et commencer à faire comme leurs paires occidentaux , comme à dit ynim.

  5. ça n’est pas devant le Parlement que la jeunesse marocaine indignée devrait manifester mais plutôt devant les sièges des partis politiques😉 les vieux turbans, dégagez !!!
    quel dommage que le mouvement du 20 février n’ait pas saisi l’occasion historique du discours royal du 9 mars pour se constituer en parti politique !
    mais il n’est pas trop tard pour que ce mouvement, qui incarne tant bien que mal les aspirations politiques d’une jeunesse exclue du pouvoir citoyen, comprenne que la politique de la chaise vide n’a jamais rien produit de bon.
    en ce qui me concerne, en dépit de toutes les réserves que m’inspire la dynamique et l’idéologie de ce mouvement depuis sa création et surtout depuis son instrumentalisation par la gauche radicale d’une part et par l’islamisme politicien d’autre part, je serais prêt à voter pour un éventuel parti du 20 février et même, viser un 20% symbolique de suffrages aux prochaines élections.
    parmi les proverbes de nos grands mères, je pense tout particulièrement à celui-là : allaH i kharrjek men dar el îb bla îb ! dans le cas du M20f qui envisagerait de siéger au parlement et d’assumer ainsi ses responsabilités, du fait du mouvement d’espoir qu’il a tout de même réussi à susciter, il faudrait nuancer le proverbe sous cette forme : allaH i dekkhelHoum l’dar el îb bla îb😉
    en attendant que petit à petit, l’oiseau vertueux y ayant ait son nid, le Parlement cesse d’être perçu comme « dar el îb »…

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