Elections 2011: Le bilan

Nous avons été témoins d’une campagne électorale plus que dynamique. Une victoire du PJD comme conclusion n’avait pas étonnée beaucoup de monde, surtout ceux qui ont eu la lucidité de considérer ces élections dans un contexte National, régionale et internationale assez favorable au vote pour ce parti.
Vote par conviction, vote sanction et vote par envie de changement, sont quelques éléments qui se sont ajoutés les uns aux autres et qui ont conduit le PJD a avoir 107 sièges au parlement et être devant le challenge de devoir constituer une majorité gouvernementale dans les jours qui viennent.

A cote du PJD, premier gagnant, il y a des partis perdant, des partis qui se sont révélés inexistants dans la pratique et des partis stagnants. Nous devons tous, tirer le bilan, mener une réflexion et en déduire des leçons pour le futur du pays.

Si l’on jette un coup d’oeuil sur les résultats des élections démocratiques et transparentes qu’a connu le Maroc, celles de 2002, 2007 et 2011 [ce qui se passaient avant n’étaient tout simplement pas démocratique] on remarque ce qui j’ai mis dans le graphique qui suit [click sur l’image pour voir le graphe dynamique]:

PS: Le PAM n’est pas inclut dans le graphique pour 2002 et 2007 ou il est représenté par quelques partis ayant constitue son noyau par la suite.

Quelques observations et leçons a tirer s’imposent:

1- Hormis la grande avancee du PJD qui enregistre deux premières: 1er parti a avoir depasse le taux de 20% de repsentativite au parlement et 1er a avoir dépasse les 100 sieges, nous remaquons que cette avancee s’est faite au détriment de l’USFP, le MP et l’UC, tous des partis qui étaient autrefois populaires et qui ont cede beaucoup de place pour le PJD. Ces 3 partis la sont les premiers et plus grands perdants de ces élections. Nous pouvons voir dans le graphique que pendant que le PJD et le PI avancent vers le haut, d’autres bulles chutent et perdent leurs tailles.

2-  Si l’on divise la surface de ce graphe sur 3 espaces d’évolution:

  • La 1ere partie serait le petit carré a gauche en bas  [entre (0 siege, 0 %) et (20 sieges, 10%)] et contenant des petits partis qui progressent dans cette zone sans la dépasser [PED, MDS, PPS]
  • La deuxième partie serait un espace au milieu qui contient des partis politiques comme USFP, MP et PI
  • La 3eme partie est la partie en haut a droite.

Seuls quelques partis politiques ont réussi a migrer d’une zone a l’autre. Les reste vie dans sa zone naturelle d’évolution sans chercher a aller pécher ailleurs. Les partis ayant migre sont:

  • le PAM: il a ete cree brusquement et ceci explique cela
  • Le PJD: il a entrepris une progression lente au début et plus soutenu vers la fin
  • l’UC: Evolution plus discrete mais il a quand même reussi a passer de la zone petit parti a la zone parti moyen
  • L’USFP : Est le seul parti politique qui est passe de la zone des grands pour atterrir en bas de la zone moyenne.
  • Le PI: J’ai hésité a le mettre dans cette catégorie mais il est passé « timidement » de l’espace du milieu pour flirter avec l’espace d’en haut. Mais sa progression est importante a observer a d’autres égards, car si on voit bien sa courbe on remarque que quand le PI augmente en nombre de sièges il n’augmente pas en représentativité, et quand il augmente en représentativité il n’augmente pas en nombre de sièges [même avec l’augmentation du nombre de sièges total au parlement]. Cela s’explique par le fait que le PI est un parti qui a une base propre  qui lui est fidele et qui ne va pas chercher ailleurs. Je pense qu’il est le seul parti politique qui a cette caractéristique!
  • Le RNI quoi que perçu comme perdant a gagne en terme de nombre de sièges tout en stagnant sur le  pourcentage de représentativité.

4- La maniere choisie par le PJD pour militer et decrocher le pouvoir est caractérisée par:

  • Des actions de proximité
  • Distribution géographique large des candidats
  • Les candidats sont presque tous des Bac+4
  • Du populisme et de la provocation
  • De la victimisation
  • Entretenir la confusion dans la relation entre le politique et le religieux

Cette manière, quoique risquée dans un environnement jadis perçu comme étant géré par des mains invisibles en charge de mettre en place les forces qui lui semblent convenables sans se soucier de la volonté populaire, s’est révélée efficace et a apporté ses fruits. Un vrai coup de bluff comme au poker! Ce que je dirai en Darija [dawha btekhraj l3inine].

5- Le taux de participation est un taux raisonnable pour un pays ou on n’a pas l’habitude d’aller voter et ou le peuple avait perdu confiance dans les partis politiques et ou en plus de cela des appels au boycott surgissaient de tous les sens. La qualité de la campagne et la communication l’ayant accompagnée en sont pour quelque chose. La campagne électorale a réussi a susciter l’intérêt des citoyens pour la politique et les a poussé a aller voter.

6- La transparence des élections et leur propreté n’est plus contestable par personne ni au Maroc ni ailleurs. Cela est devenu un des acquis du Maroc !

7- Les hommes d’influence « économique » [Moualine choukkara] ne sont plus les hommes d’influence « politique ». Les quelques Marocains qui vendent encore leur voix ont aujourd’hui le réflexe de se dire: « Ce candidat me prend pour un con, je prend ses 200 Dh et on verra qui est le plus malin par la suite ». Les vrais influenceurs sont jeunes, différents, dynamiques, créatifs et toujours a l’écoute.

8- Le parti gagnant était presque le seul a offrir un référentiel, un cadre claire et simple qui orienterait sa politique une fois au pouvoir. Les Marocains l’ont suivi. Ceci prouve le besoin d’un référentiel « claire » et « simple » pour faire un choix politique. Le fait de dire que les idéologies n’existent plus et que seuls les programmes comptent n’a pas fait de fruits.

9- Si le PJd a gagné, le PJd n’est pas pour autant une force politique unanime. Il ne faut par oublier que presque 17 Millions d’électeurs Marocains n’ont pas vote PJD.  Le PJD est tout sauf dans une position confortable. Il ne peut pas aller au delà de ces résultats dans les prochaines législatives car ce serait un danger pour la nation [parti unique] et ne peut pas descendre car ce sera la fin du mythe et le début du PJD comme parti défaillant comme les autres. Le PJD est un parti qui est en difficulté aujourd’hui, difficulté différente mais non moins sérieuse.

10- Le Roi a réussi son projet et son défi d’instaurer une vraie démocratie participative. Il est allé au bout de ses engagements !

 

Pronostiques: 

Basé sur ces quelques observations, je pense que le future sera beau et nous réservera quelques re-configurations du champ politique Marocain:

  1. On assistera a une vague de migrations des notables de partis politiques a d’autres.
  2. On assistera a des restructuration de certains partis politiques pour donner aux notables non vraiment « politiques » une place de choix mais loin des institutions. Les jeunes eux occuperont les rôles de Front Office [Candidats, directeurs de campagne, portes parole, … etc], les moins jeunes prendront les instances qui dirigent les partis politiques, certains ministères et les institutions wiseboards-like [des conseils de sages].
  3. Dans un court terme: On assistera a la naissance d’un mouvement de rue progressiste et moderniste [poke @7didane] qui sera a l’origine de la création d’un nouveau pôle politique.
  4. Dans un moins court terme: On pourra peut être voir de nouvelles idéologies, applicables dans un premier temps aux pays arabo-musulmans, et jouant le rôle de l’alternative face aux forces a référentiel islamique qui sont au pouvoir dans tous les pays ayant connu un printemps arabe. Le Maroc a souvent été la terre de philosophes et de penseurs qui dans un climat de liberté n’ont jamais fait preuve d’avarice intellectuelle. Ces nouvelles idéologies seront le socle des nouveaux pôles politiques si le nouveau gouvernement ne freine pas le bouillonnement culturel que va connaitre le Maroc dans les années a venir.
  5. On assistera a une nouvelle dynamique de la part des partis politiques souhaitant survivre, une dynamique offrant de nouveaux profils, touchant le citoyen dans son vécu de tous les jours. Les partis politiques qui ne suivront pas cette dynamique vont tout simplement disparaître et au meilleur des cas avoir des Zero sièges comme les 13 derniers partis des élections 2011.
  6. Les partis politiques capables d’avoir le lead et créer des pôles politiques homogènes et forts sont les partis politiques qui ont été capables de migrer de leurs zones. voir un peu en haut. Le fait de pouvoir migrer d’une zone a une zone supérieur explique que le parti est capable d’écouter la rue, qu’il est capable de proposer des moyens pour accompagner le changement de l’opinion publique.
  7. On assistera a une grande valorisation de l’outil informatique et Internet dans les campagnes électorales et la communication politique.

La concurrence et la compétition politique  fera que le Maroc entier va bouger, les débats, les idées, les affrontements, les challenge, chacun sortira ses meilleurs cartes pour aspirer au pouvoir. Le Maroc a réussi cette étape, aujourd’hui un beau futur est possible, il est visible, mais il reste difficilement inaccessible, il a besoin d’audace et d’énergie.

(c) Reda El Ourouba

8 réflexions sur “ Elections 2011: Le bilan ”

  1. Analyse optimiste mais pas convainquant pour moi. Je sens que la scène politique va s’éloigner totalement d’une logique ou d’une clarté. le PJD va mener la prochaine période avec ceux qui a opposé auparavant et donc on aura les même personnes avec des nouveaux du PJD, ça changera pas grand chose à mon avis. le PJD ne pourra pas appliquer tout ce qu’il a promis et il perdra alors des personnes qui ont cru en lui et on va revenir vers les anciennes médiocres méthodes des élections et le piiiiire le taux de participer va diminuer sachant que déjà 19% étaient des votes blancs. En fait ces 19% ne méritent pas une méditation? il faut au moins leur dire oui on va essayer de vous comprendre et on va s’arrêter de parler juste du taux de participation.

  2. Dans les circonscriptions rurale et au sud du Maroc les vieilles habitudes électorales ont persisté, l’argent a coulé a flot afin de pousser les notables locaux à convaincre leurs tribus (j’ai eu des confirmations de plusieurs personnes bien placés). Ce qui explique la percée du RNI dans ces régions au détriment des grandes villes ou se dernier a obtenu très très très peu de sièges (2/17 Casa, 0/6 Rabat, 0/7 Fès, 0/9 Marrakech) soit a peine deux sièges sur les 39 disponible !!!
    Ironie du sort : ce parti qui préconise le libéralisme sauvage et qui passe son temps a parler de modernité, vision progressiste, renouveau intellectuelle, laïcité, libération de la femme … se retrouve avec un électorat de campagnard dont une très grande partie (statistiques l’obligent) sont analphabètes. Tandis que le PJD a battu tout les records en ce qui concerne les grandes métropoles !

  3. Malgré la nouvelle constitution, le makhzen a continué ses magouilles :

    قالت حليمة العسالي القيادية في حزب « الحركة الشعبية » إن حزبي « البام » و »الأحرار » سطوا على عدد من مرشحي حزبها في انتخابات الجمعة الماضية، وذهبت إلى أن صلاح الدين مزوار وعزيز أخنوش وغيرهم أخذوا مرشحين ليلا بأسلوب العصابات ومنحوهم التزكية، مضيفة أن جهات خارج الحزب تحكمت في ترشيحاتنا بشكل بشع ». المرأة التي كانت واحدة من المكلفات بالتزكية في الحزب، قالت، في حوار مع « أخبار اليوم »، إن أناسا كانوا يقولون لهم « اتركوا الحمامة تمر وستكونون بخير ».

    Ces élections ont aussi permis de révéler le vrai visage des Mezouar, Himma … et tous leur potes du G8 … des mercenaires de la politique !!!

  4. Bravo reda pour cette analyse trés pointu. reste que PJD va prendre des coup de partout tout au long de cette nouvelle mandats de parlement ce qui va faire lourdement chuter sa popularité(surtout si la crise mondiale persiste). autre remarque inquiétante, les grands perdants depuis le gouvernement de jettou c’est la vrai gauche marocaine(PPS et USFP) qui ne s’arrête pas de chuter, et ce qui va peser sur la scène politique marocaine en terme d’équilibre.

  5. أكدت مصادر أن عمر خفيف ، مرشح حزب التجمع الوطني للأحرار بدائرة المنارة، ابتدع طريقة جديدة لمعاقبة سكان دواري « رجال أحمر » و »بوراس » على عدم اختياره لتمثيلهم بالمؤسسة التشريعية.

    ودفع هذا التصرف السكان إلى قطع المسافة الفاصلة بين تجمعاتهم السكنية بجماعة أكفاي، ومبنى ولاية مراكش، للتنديد بما يتعرضون له، منذ ظهور نتائج الانتخابات، على يد رئيس جماعتهم، الراسب في استحقاق 25 نونبر.

    الانتقام، حسب المحتجين، جاء في شكل عملية تعطيش جماعية، عبر قطع شبكة التزويد بهذه المادة الحيوية من الآبار الموجودة بالمنطقة، وترك نسائهم وأطفالهم يتضورون عطشا.

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