Benkirane ce physicien !

Notre Président du gouvernement, physicien de formation nous avait on dit, avait déclaré il y a quelques jours que les chiffres que  Salah Eddine Mezouar, ancien ministre des finances, étaient non seulement faux mais falsifiés. « Accusations graves » selon Salah Eddine Mezouar. Cette déclaration a suscite l’intérêt de plusieurs acteurs nationaux et internationaux au point  qu’on a cru comprendre que le FMI a demandé des explications, chose qui a été démentie par Mr. Azami actuel ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances chargé du budget.

La polémique ne s’est pas arrêté la pour autant. Le peuple continuait à se demander, comment un simple Ministre des finances pouvait il avoir le pouvoir de fouler tout un peuple et des institutions puissantes [HCP, Bank Al Maghrib, … etc]? Est ce que l’ancien premier ministre était tellement détaché au point de n’avoir aucun mot à dire aucun droit de regard sur la loi de finance de son propre gouvernement?  Pourquoi le chef du gouvernement actuel ne lance t il aucune poursuite dans ce sens ?

Un seul fait répond à toutes ces questions, c’est la récente déclaration de Mr Nizar Baraka, Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Affaires économiques et générales. Nizar Baraka dément les faits avancés par son Président du gouvernement et déclare que les chiffres de Salah Eddine Mezouar sont exacts et ne souffrent d’aucune falsification.

C’est un incident politiquement majeur et révélateur d’un vrai malaise au sein du gouvernement et une vraie méconnaissance de l’économie du pays par le Président du Gouvernement, voir peut être une vraie méconnaissance de la signification derrière chaque chiffre. En effet, certaines personnes de bonne foi prétendent que  le Président du gouvernement a tout simplement confondu les prévisions avec les réalisations. Oui mais … l’excuse n’est elle pas plus grave que la faute ici ? Ne lâchons pas l’affaire a ce niveau et allons y pas par pas, un peu de patience donc:

1- Si le président du gouvernement parle de la loi de finance 2011:

Oui les résultats sont différents des prévisions [c’est souvent la règle partout], mais n’oublions pas que les prix des matières premières avaient explosé, qu’il y a eu un certain 20 Fev et un dialogue social qui a coûté 13 Milliard de MAD et un baril de pétrole qui a atteint 100 USD.  Même avec cela le Maroc avait réalisé 5% de croissance contre 4.8% dans les prévisions, a réduit les dépenses de l’état de 10 Milliards de MAD et a augmente les recettes de 15 Milliards.  Ces chiffres ne sont pas calculés, comme le penserait le président du gouvernement, sur un bout de papier dans un café du coin, mais bien selon des standards internationaux minutieusement mis en place par le FMI et confirmés par d’autres institutions complètement indépendantes tel le HCP. De quel mensonge parle t on donc ?

2 – Si le président du gouvernement parle de la loi de finance 2012:

Alors il parlerait forcement des prévisions puisque les résultats ne sont pas encore au rendez vous. Rappelons donc ici que:

  • la LF 2012 a été faite par Salah Eddine Mezouar [alors que d’autres leaders politiques ne pensaient qu’aux discours populistes et aux élections]
  • Benkirane n’a pas pris le temps et n’a pas fourni l’effort de venir avec un loi de finance qui correspond à son projet politique.
  • Plusieurs militants ont crié l’absurdité qu’un parti vienne et applique la LF du parti concurrent
  • Le gouvernement a revu la LF, n’a rien modifié dans les prévisions et l’a confirmée au journal officiel.

Le gouvernement a donc eu pleine connaissance de tous les détails de la LF 2012 y compris les chiffres prévisionnels. S’il n’était pas d’accord il aurait pu tout simplement les recalculer, modifier et les changer dans la version qu’il a présentée au parlement. Rien de tout cela n’a eu lieu. De quel mensonge parle Benkirane alors ?

Nous pouvons comprendre que Benkirane voit en Salah Eddine Mezouar un adversaire politique dangereux pour lui,

Nous pouvons comprendre que Benkirane ne puisse pas avaler le choix de Salah Eddine Mezouar d’aller vers l’opposition [lui leader d’un parti que Benkirane pensait être un parti docile qui ne cherche qu’a être dans un gouvernement],

Nous pouvons comprendre que Benkirane charge ses singes de lui porter des accusations basses pour toucher a son intégrité et honneur,

Nous pouvons comprendre que le fait que Salah Eddine Mezouar ne tombe pas et au contraire se renforce par toutes ses attaques non réussies puisse énerver Benkirane et le mettre dans tous ses états,

Nous pouvons comprendre les guerres politiques entre leaders [Même si on peut noter ici que jamais Mezouar n’a porté d’attaques de cette bassesse a Benkirane], …, mais ce que nous ne pouvons pas comprendre et ce que nous n’accepterons pas   c’est que le chef de gouvernement dans sa croisade contre l’opposition mette l’économie de la nation entière en équation et joue avec la vie des Marocains juste pour satisfaire son ego.

Pendant la période où Salah Eddine Mezouar était au gouvernement, à la tête du ministère des finances, le grade du Maroc a été revu à la hausse. Aujourd’hui Benkirane est à la tête  de tout le gouvernement et cela avec une nouvelle constitution qui lui donne des pouvoirs très larges, plus que l’ancien premier ministre et donc plus que Salah Eddine Mezouar.

Si Benkirane veut prouver qu’il est plus fort que Mezouar, il peut le faire d’une seule manière : « s’assurer que le grade du Maroc soit encore une foi revu a la hausse » et dans cette quête nous ne pouvons que lui souhaiter la réussite car cela servira tout le peuple Marocain et non seulement une seule personne.

L’histoire ne gardera que cela, dans un graphe simple, toutes les gesticulations politico-politiciennes disparaitront car comme on dit chez nous : « lhadra makatjib khoudra ».

En tant que Physicien, Benkirane doit certainement connaitre l’équation de Schrödinger et le principe de Heisenberg [Merci 7didane], et doit avoir compris que l’état de l’objet observé ne dépend pas seulement du créateur de l’objet, ni seulement de l’objet lui même, mais surtout de l’observateur en question, qui dans notre cas est Mr Benkirane lui même.

13 réflexions sur “ Benkirane ce physicien ! ”

  1. On peut te retourner l’argument basé sur sur l’équation de Schrödinger et le principe de Heisenberg :e le bilan de Mezouar est vu de ton point de vue – tout à fait respectable – de RNIste militant!

    On peut aussi te faire remarquer que Mezouar et Cie sont restés au pouvoir, disons pour rester neutre, un certain temps! Le pauvre Benkirane n’est aux commandes que depuis quelques mois.

    Cela ne veut pas dire que j’appprouve les cafouillages et les patogeages des PJDistes du goiuvernement, mais je n’ai pas une grande admiration pour ce que le RNI a réalisé quand il était au pouvoir!

    PS : le fait que tu parles du « grade du Maroc » revu à la hausse;m’a fait rire : il s’agit juste d’une « note » attribuée par des agences de notations privées; Tu vois bien que tu n’es pas très « objectif » dans ta défense du bilan de ton patron.

    1. Bonjour mon ami,
      Merci pour ton commentaire.
      C’est sur la base de cette note que les taux de credits attribues au Maroc sont comptes. Plus la note est haute plus le taux est bas.
      Amities,

  2. Au lieu de baratiner dans le vide, et perdre votre temps à écrire des articles vides (dans tous les sens du terme), vous devriez réfléchir au sein de votre parti (RNI) de la nature de votre participation autant que force politique d’opposition pour l’intérêt du Maroc et de l’économie marocaine. Vous devriez réfléchir autour d’un vrai projet d’union pour mettre le pays dans le vert, au lieu de continuer à mener une opposition vide de sens et limite d’un bas niveau. On risquera alors tous de payer le prix cher par l’overdose de la bêtise politique ambiante.

    Je trouve votre critique simpliste car vous ignorez un détail important (ou que vous faire semblant d’ignorer) : La nature des rouages du pouvoir central et l’influence de certains lobbys politiques et économiques ! Aussi, la nature de la coalition ayant prouvé ses limites, non pas parce que le PJD n’est pas à la hauteur, mais bien parce qu’il se retrouve avec un parti de ISTIQLAL « malade et en pleine crise » ! Un PPS « touriste politiquement » et un MP en « mode chacal » !

    J’aurai préférer entendre les dinosaures et jeunes arrivistes du RNI (comme vous), proposer un éventuel projet de réforme « révolutionnaire », « exemplaire » voire « miraculeux » du budget de l’Etat (Vous pouvez le faire puisque le RNI a de l’expérience) ! Proposition qui se doit d’être une initiative parlementaire. Une réforme à mener dans un climat consensuel et à adopter en quelques mois seulement pour sauver le pays de la crise cardiaque ! Au lieu de cela, vous continuez à baratiner sur des détails du passé et autour d’accusations puériles.

    Cette réforme, croyez moi, a le potentiel de devenir un puissant levier de réforme de l’Etat et enfin conduire les administrations à passer d’une logique de moyens à une logique de résultats et mettre ainsi en place un système centré sur la responsabilisation des gestionnaires et le contrôle de la performance, sans oublier qu’elle permettra un renforcement des pouvoirs budgétaires du Parlement et favoriser les choix stratégiques en matière de finances publiques, en mettant l’accent sur la transparence de la gestion budgétaire et en renforçant la portée de l’autorisation parlementaire.

    La mise en place d’une telle réforme représentera un défi considérable pour l’Etat : de nouveaux budgets ministériels, une nouvelle comptabilité, de nouveaux modes de gestion, de nouveaux systèmes d’information. L’ensemble des administrations, les juridictions de contrôle et les assemblées parlementaires se trouveront ainsi engagées dans un profond renouvellement des règles régissant les budgets, des modalités de leur contrôle et plus largement de la gestion publique.

    Mais dommage, au lieu de jouer son rôle complet d’opposition, constructif et positif, le RNI se perd dans des couloirs de broutilles et de détails à base d’attaques post-électoraux et de résistances agressives contre le VRAI changement qu’attendent les Marocains. Finalement l’histoire se rappellera que l’opposition RNI + PAM était la pire de toute l’histoire du Maroc.

    Alors SVP,

    Un peu d’ouverture d’esprit !
    Un peu de bon sens !
    Un peu de sérieux !
    Un peu de respect envers les citoyens marocains !

    1. Cher,
      Merci pour votre commentaire. Vous aviez mis l’accent sur l’importance de la proposition dans l’action de l’opposition en pensant que le RNI ne n’y prete pas. Dire cela c’est etre mal informe car comme vous le savez le RNI dans son action au sein de l’opposition etait derriere la LF 2012, a soumis une reforme de la caisse de retraite, une reforme de la CC , et une proposition d’auto-emploi pour combattre le fleau du chomage. Mais ceci vous l’avez neglige.
      Votre commentaire aurait ete plus citoyen donc et vos penchants partisans auraient ete moins affiches si vous aviez donc pris le soin de mentionner ces propositions faites par l’opposition, mais egalement si vous aviez eu l’honnetete d’avouer que les mensonges du President du gouvernement n’arrangent pas le pays et ne servent pas le citoyen Marocain, au contraire, ils cultivent un climat de mefiance qui a de lourds impacts sur notre economie.
      Amicalement,

      1. 1 – Je ne suis ni partisan, ni proche d’aucun parti, pour la simple et bonne raison que le parti qui m’aurai inspiré et attiré à ses rangs n’existe malheureusement pas encore au Maroc. (Cela ne m’empêche point de m’intéresser à l’actualité, à la scène politique et à accomplir mon devoir civique de vote).

        2 – Certes les propositions concernant la caisse de retraite, de la CC et l’auto-emploi s’articulent au sein d’une LF dont la forme qui est à modifier, à muter, à changer, à améliorer, afin de limiter les effets d’échec des réformes, les effets de la corruption et la rente administrative et faire progresser ainsi les bases de la bonne gouvernance. Bref je parle de nouveaux outils de travail ! (Si vous croyez qu’il suffit de poser par écrit des réformes qu’elles vont réussir alors votre naïveté est double à mes yeux)

        3 – Pour ma part et d’un angle complètement objectif, je dirai qu’il s’agit plutôt de déclarations et non de mensonges ! Passons ce détail. Entre deux maux, je préfère les pseudos « mensonges » du Président du Gouvernement actuel qui n’ont qu’un effet minime à terme (voire nul) sur la situation économique du pays et sur le moral des citoyens, contrairement au manque de courage politique ou encore le fin calcul du RNI par le passé, qui n’avait pas osé de réformer à temps la CC à titre d’exemple, ou encore la lutte contre le secteur informel. Des réformes qui ont tardé et qui ont coûté cher à notre économie « arriérée » !

        4 – Vous semblez ne pas avoir saisi et compris mon dernier commentaire, cela est dû à votre entêtement partisan et votre léger manque de scrupule à défendre aveuglement votre leader. (Entre nous, j’ai plus de respect pour les jeunes partisans qui critiquent leurs chef de parti que pour ceux qui les caressent dans le sens des poils à chaque foi). Je vous explique une seconde fois. Je ne vous parle pas de ce que a été fait avant la constitution de ce nouveau gouvernement (LF 2012), mais plutôt d’une réforme générale et globale de la LOI DE FINANCE elle même ! Je vous parle d’une proposition par le parlement d’une nouvelle LOI gérant la LOI DE FINANCE !

        Cette loi monsieur, pourra être proposée au sein du parlement et qui programmera les étapes d’une réforme budgétaire d’envergure !

        Les objectifs de cette réforme sont :

        > Modifier le processus de gestion des administrations.
        > Passer d’une culture de moyens et de procédures à une culture d’objectifs et de responsabilité.
        > L’amélioration de l’efficacité de la dépense publique et de la performance des services de l’État.
        > Renforcer le rôle du Parlement et à mettre en perspective l’évolution des finances publiques.

        Le Parlement quant à lui, à travers les parlementaires, donc les citoyens, aura tout à gagner ! Il bénéficiera d’une meilleure transparence des politiques publiques et de pouvoirs d’amendement et de contrôle renforcés. Les commissions des Finances des deux chambres pourront assurer un contrôle étroit de la dépense publique. La volonté consensuelle des parlementaires se doit de voir le jour sous la forme d’une réflexion sur cette réforme. Un groupe de travail sur l’efficacité de la dépense publique et le contrôle parlementaire, se doit d’être constitué, associant des députés de tous les groupes politiques (exit les débats idéologiques sans lendemain). Le rapport final soulignera sans doute le souci commun d’une meilleure efficacité de la dépense publique et débouchera j’en suis sûr sur des propositions consensuelles de renforcement des missions de contrôle et d’évaluation du Parlement.

        La question qu’il faut se poser dès lors est :

        > Dans le contexte institutionnel actuel du Royaume et compte tenu de l’importance et du sens de cette réforme, est ce que les partis politiques d’opposition (RNI, USFP, PAM, …) auront le réflexe d’engager une réflexion engagée et profonde sur l’efficacité de la dépense publique et le rôle des assemblées en matière budgétaire ?

        Le Gouvernement en place apportera sans doute son soutien à 100% à une telle réforme si elle est engagée par les parlementaires et je suis sûr que l’exécutif ne bloquera pas car l’intérêt du Maroc est supérieur !

        Bref, un grand et laborieux travail approfondi est à accomplir et on en es malheureusement loin vu la faible qualité de l’opposition politique actuelle !

        PS : SVP, évitez-moi vos phrases bateaux du genre :  » Votre commentaire aurait été plus citoyen … ».

      2. Énorme ! J’en ai parlé sur ton blog il y a moins de 10 jours et tu sais quoi ? Le gouvernement actuel l’a fait !

        En effet, dans une lettre encadrée par le Président du gouvernement, concernant la préparation du projet de loi pour l’exercice 2013, le troisième axe de réformes structurelles et en particulier dans le secteur des finances est consacré à la préparation d’une LOI ORGANIQUE DE FINANCES (LOF).

        Ce projet gouvernemental de réforme de la LOF, répondra aux attentes concernant l’encadrement et le renforcement de la bonne gouvernance, la transparence des politiques publiques et l’amélioration de l’efficience et l’efficacité des dépenses publiques ainsi que la qualité des services publics fournis aux citoyens et fixant la notion de responsabilité et l’évaluation des politiques public, sans oublier l’intention de faire participer le parlement à la préparation de cette réforme, avec le renforcement du contrôle parlementaire

        Cette loi sera inscrite dans une logique de gestion axée sur le résultat, avec des objectifs assignée et accompagnés d’indicateurs de performance. Elle apportera aussi la territorialisation du budget dans le cadre de la nouvelle régionalisation avancée.

        Disons que le gouvernement a marqué un point et l’opposition continue de rédiger des communiqués de presse sans grand intérêt !

        Pourquoi tu en parles pas ? Ou bien tu ne fais que critiquer pour critiquer ?

  3. Saint Tilifane a raison ! L’aile opposante du parlement ne fais pas son travail ! L’opposition est faible et ne défend que les intérêts d’une certaine classe politique et économique ! Si tu penses le contraire, alors dis nous ce que fait le RNI pour combattre l’abus de pouvoir, éliminer la corruption et les monopoles de toute forme ?

    Je ne comprends pas l’électorat RNI qui se trémousse de bonheur devant ce genre de personnages tellement caricaturaux (Mezouar). N’ont-ils ni yeux ni oreilles ? Et quand leurs héros sont déchus ils ne s’en remettent jamais, toujours à en ressasser les vertus qui sont aux yeux des autres des tares.

    Si un jour on cherche un modèle pour édifier la statue du charlatan, il faudra penser à toi Reda le pseudo politicien en mode  » tikchbila tiwliwla « . Tu sembles être la tête à claques parfaite, en cela tu es à coup sûr le faux intello/politicien par excellence, un arnaqueur, un imposteur ! Pourquoi cela ? Car tu n’as point d’idées !

    1. J’aurai rêvé du jour ou un pro-gouvernement me critique avec des arguments et non des pre-jugés.
      Ce serait bien pour le peuple entier d’avoir des débats argumentés. Mais décidément je vais attendre longtemps et c’est inquietant.

      1. Primo, Je ne suis ni pro-opposition (de pacotille), ni pro-gouvernement. N’oublies pas que le gouvernement actuel est composé de 4 partis ! Ton opposition acharnée contre le seul PJD ne te fais pas honneur, surtout que tu ne fais que véhiculer des préjugés et les baratins de la presse-prostitution ! On ne te vois jamais critiquer le PI, PPS ou encore le MP ! Tu manques de maturité et d’objectivité en ce qui concerne la lecture politique des évènements ! Bref Tu n’apportes rien de précieux à l’actuel débat. Prends cela comme une critique constructive au lieu de croire « bêtement » les compliments à forte dose de courtoisie mondaine.

        Secundo, les arguments qui sont proposés ici par « Saint-Tilifane » sont clairs et tu ne fais que les éviter ! Sois objectif et reconnais pour une fois que l’opposition est plus que « naze » et que le RNI n’apporte rien de spécial et que le Maroc vit les conséquences des politiques désastreuses des anciens gouvernements auquel le RNI fessait partie! Alors si tu défends le bien du peuple comme tu dis, sois honnête et rassembleur au lieu de dire des « bêtises » et idolâtrer le tribalisme RNI-iste !

        Tertio, un peu de modestie ne te fera pas de mal Monsieur je-sais-tout !

        Revenons au vif du sujet. Comme tu le sais déjà, l’opposition a plusieurs fonctions :

        Tout d’abord, l’opposition constitue un contre-pouvoir, elle permet d’éviter que la majorité, une fois parvenue au pouvoir, n’ait la tentation de mener une politique portant ateintes aux droits et libertés. Pour cela, l’opposition dispose de différents moyens : la mise en cause de la responsabilité gouvernementale devant le parlement par la motion de censure (Art. 83 de la constitution 2011), la saisine du Conseil constitutionnel, les questions posées au gouvernement dans les enceintes parlementaires…

        Ensuite, l’opposition représente aussi la possibilité d’une certaine forme d’alternance politique et participe à l’existence du pluralisme politique. Ce pluralisme permet de choisir ses gouvernants. Or, il n’y a de choix véritable que si l’électeur peut se prononcer entre plusieurs possibilités. Ainsi, l’opposition, en proposant un nouveau cours à la politique nationale, permet aux citoyens éventuellement mécontents de disposer d’un recours. Avec les moyens, évoqués plus haut, à la disposition des parlementaires, elle peut manifester son désaccord envers la politique suivie et tenter de retarder sa mise en œuvre.

        Enfin, l’opposition permet aussi de renouveler le personnel politique : lorsque la majorité perd le pouvoir, une nouvelle génération d’hommes politiques peut trouver une place de choix dans l’opposition et se préparer ainsi à assumer des fonctions importantes à l’occasion d’une victoire à venir. (On va attendre longtemps et ensemble cette fois-ci avant de voir les dinosaures politiques prendre leur retraite)

        Le rôle de l’opposition est donc essentiel en démocratie. C’est pourquoi certains pays lui ont organisé un véritable statut. Comme, la Grande Bretagne qui a érigé la fonction de chef de l’opposition en fonction officielle (« chef de l’opposition à Sa majesté »). Un comité de réflexion sur les institutions du Maroc, devrait être mis en place et aborder cette question, ou il sera préconisé une meilleure reconnaissance des droits de l’opposition au Parlement, notamment pour son temps de parole et les fonctions de rapporteurs des commissions d’enquêtes.

        J’ai aussi en tête l’exemple de l’opposition parlementaire dans les pays scandinaves. Ces États se caractérisent par une culture politique de la « négociation » et par des « mécanismes d’association » entre opposition et gouvernement. La simple recherche de majorités ad hoc y a diminué au fil du temps au profit d’une institutionnalisation progressive d’arrangements à long terme entre partis partenaires et de soutiens conçu dans la durée par des partis érigés en partenaires. Cela fait éviter le déclin et la « chute libre » des partis qui se trouvent dans l’opposition pendant plus d’une législature ou parfois au sein des gouvernements sans réel apport (exemple : PPS, UC, MP, USFP).

        Le RNI, de par sa position de leader de l’opposition (en terme de résultats législatifs) et par son inaction ou encore son action inutile, n’a fait que :

        > Renforcer ainsi le rôle joué par les partis périphériques de l’opposition (plus de division dans l’opposition),
        > Basculer la performance de l’opposition parlementaire vers le bas et réduit donc sa puissance, ses capacités d’action et d’influence,
        > Excéder dans les pratiques informelles de l’opposition,
        > Participer au manque de coordination des activités des parlementaires,
        > Présenter une perspective étroite du rôle que peut jouer l’opposition,
        > Encourager la formation malsaine des groupes parlementaires formés sous conditions plus ou moins arbitraire, héritières des mentalités rentières.
        > Pousser vers un déclin inévitable d’autres partis dans l’opposition à cause de différents facteurs contextuels et organisationnels sous forme de scissions internes et instabilité des élites.

        Tout cela pour dire qu’il existe un fossé croissant entre responsabilité et réactivité (responsiveness) du parlement et que les partis composant l’opposition semblent de moins en moins capables de combler ce fossé. Il est désormais nécessaire de dépasser le cadre strict du parlement défini par la littérature classique. Il faut tenir compte des dynamiques générales à l’œuvre dans le système politique actuel, pour repenser les conceptions, activités et modalités d’action de l’opposition !

        Je suis plutôt pour une définition renouvelée de l’opposition qui permettrait de mieux saisir la complexité des dimensions / enjeux politiques et économiques actuels ! Bref il faut repenser, reconfigurer l’opposition politique marocaine et se diriger vers une culture politique de la négociation, basée sur une dynamique d’association qui permettera de mettre en place un répertoire très diversifié de modalités de consultation et d’association entre le gouvernement et l’opposition parlementaire, tout cela pour ne pas perdre encore plus de temps pour le bien du peuple et du pays !

        Il ne fallait pas t’inquiéter pour si peu ! la durée de ton attente était brève finalement.
        Je te laisse le soin de transmettre ces idées de ce mini-débat au « peuple » !😉

  4. @Ilham,
    Tu as une idee pre-concue du RNI, c’est ton droit.
    Mais, il suffit de se rappeler que l’executif c’est bien le gouvernement et pas l’opposition. et le RNI est responsable de sa seule action et non de toute l’opposition meme en etant leader.
    Pour ce qui est des actions internes au parti, tu as raison, mais sache que des reformes sont en route, elles prennent du temps c’est normal.
    Wait and see,

    Reda,

    1. Une idée préconçue du RNI ? Laisses moi rire ! Alors dans ce cas corriges mes erreurs d’interprétations sur le paysage des partis politiques marocains au lieu de manquer d’argumentations comme tu viens de faire ! Décidément, tu es sur la bonne voie pour maîtriser la langue de bois, mais bon, ça ne te servira pas à grande chose.

      A lire ta réponse je déduis 2 choses :

      1 – Tu sembles ne pas saisir toute l’importance du rôle que doit mener l’opposition dans le processus démocratique par lequel passe le Maroc actuellement et du challenge à relever pour faire progresser cette institution (parlement) vers plus de convergence des efforts collectifs avec le gouvernement afin de progresser VITE et surtout mettre en place un pays fort par son économie qui aura plus de faciliter à maîtriser l’intégration économique au Maghreb, au lieu de subir le manque de vision et le manque de confiance de nos voisins à l’est et au nord.

      2 – Tu sembles ignorer les mécanismes et rouages du pouvoir central, le lobbying des partis politiques, syndicats, etc. qui participent sans aménagement à mettre les bâtons dans les roues et qui défendent leurs avantages rentiers d’une férocité rarement vue et qui manquent tellement à nos « lions de l’atlas » ! Soyons clair pour une fois et appelons un chat, un chat ! Toute la société est malade ! On es au bord du suicide ! Et qu’est ce qu’on vois ? des partis politiques qui ne regardent que leur nombrils !

      N’oublies pas que la réussite du gouvernement actuel est la seule garantie de confiance pour les citoyens de croire en la réussite des gouvernements futurs ! A trop entrer dans des calculs partisans, le Maroc aura beaucoup à perdre et il a déjà beaucoup perdu ! D’ou l’orientation vers le principe de consensus pour le bien collectif et pour l’intérêt national vu la conjoncture économique et politique mondiale actuelle en pleine crise et qui sera fatale pour les faibles !

      Désolé mais il faut être un minimum objectif pour voir clairement l’intérêt du pays et comprendre qui a raison et qui a tort ! Pour l’instant le RNI, USFP et le PAM ONT TORT de mener une opposition agressive dans la forme et vide dans le fond ! ISTIQLAL, MP et PPS ONT TORT de ne pas soutenir plus cette coalition gouvernementale, une sorte de seconde alternance !

      Bref, on loin du « Moroccan Dream » !

  5. @Tiwliwla

    Vous parlez d’arguments et de la nécessité de proposer un argumentaire pour des débats argumentés, mais vous nous donnez pas l’exemple ! Décidément on va attendre longtemps et c’est peu inquiétant dans notre cas !

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